Sommaire
  1. Le tableau des tenues de cérémonie
  2. 1. Le jour : la jaquette
  3. 2. Le soir, le plus habillé : l’habit
  4. 3. Le soir, cravate noire : le smoking
  5. 4. Smoking ou costume noir
  6. 5. Les chaussures
  7. Tenue de gala, tenue de soirée : ce que disent ces mots
  8. Et pour la femme
  9. Acheter, louer ou faire faire
  10. Les dossiers voisins

Jaquette le jour, habit et smoking le soir : chaque tenue de cérémonie a son heure, ses pièces et sa mention sur le carton. Ce dossier s’adresse à l’homme qui reçoit, en France ou ailleurs, une invitation à un mariage, un gala ou un dîner officiel, et à l’invitée qui l’accompagne. Il se lit dans l’ordre d’une invitation : lire la mention, trouver la tenue de l’heure, vérifier qu’on ne confond pas smoking et costume.

Le tableau des tenues de cérémonie

Quatre tenues traditionnelles couvrent toutes les cérémonies du vestiaire occidental, de la plus habillée à la plus libre. Un mariage célébré selon une autre tradition (indienne, par exemple) a ses propres vêtements de cérémonie, que ce dossier ne traite pas. L’heure de début de l’événement et la mention du carton décident.

Schéma de trois tenues de cérémonie vues de face : la jaquette de jour, l’habit à gilet blanc et le smoking à revers de soie.
La jaquette, l’habit et le smoking vus de face : la jaquette part en biais depuis le bouton, l’habit est coupé droit à la taille, le smoking n’a pas de basques. · Photo: Trois tenues de cérémonie, La rédaction de Tenue de Rigueur, Propriété de l’éditeur
Tenue Heure Formalité Sur le carton Occasions Pièces
Habit (queue-de-pie) soir la plus haute « cravate blanche », « white tie », « habit » bal, dîner d’État, grande soirée officielle habit noir porté ouvert, gilet blanc, pantalon à deux galons, chemise à col cassé, nœud papillon blanc
Jaquette jour, événement qui commence avant 18 h haute « jaquette », « morning dress » mariage de jour, courses hippiques britanniques, office solennel veste à pans arrondis, gilet clair, pantalon rayé, chemise blanche, cravate de soie
Smoking soir haute « cravate noire », « black tie », « smoking » dîner, gala, opéra, mariage du soir veste à revers de soie, pantalon à un galon, ceinture de smoking ou gilet, nœud papillon noir
Costume sombre jour ou soir courante « tenue de ville », ou rien mariage sans mention, cérémonie civile, dîner costume bleu marine, gris anthracite ou noir, chemise, cravate

Les règles du tableau suivent le guide de savoir-vivre britannique Debrett’s, qui fait référence pour ces trois tenues. En France, l’usage les reprend telles quelles, avec une différence : la jaquette s’y voit surtout aux mariages.

1. Le jour : la jaquette

La jaquette est la seule tenue de cérémonie de jour. Debrett’s ne la prescrit pas pour un événement qui commence après 18 heures. Elle se reconnaît à sa veste noire ou grise fermée par un bouton, dont le devant part en courbe vers deux basques arrêtées au genou. Sous la veste, un gilet chamois, gris ou bleu pâle ; en bas, un pantalon rayé gris et noir, sans revers. La chemise est blanche à col rabattu, la cravate de soie. Le haut-de-forme se porte aux courses.

Au mariage, elle habille le marié, les pères et les témoins, et les invités quand le faire-part la demande. La fiche de la jaquette détaille chaque pièce, son origine de veste de cavalier et ce qui la distingue de la queue-de-pie.

2. Le soir, le plus habillé : l’habit

L’habit, ou queue-de-pie, répond à « cravate blanche ». C’est la tenue la plus habillée du vestiaire masculin. Debrett’s la décrit en détail : veste noire en barathea ou en chevron (deux armures de laine que le dossier des tissus et motifs du costume explique), coupée droit à la taille, plus courte devant que la jaquette et portée ouverte ; revers en pointe en soie ; pantalon noir à deux galons ; gilet blanc en piqué, échancré ; chemise blanche à col cassé amidonné et boutons de plastron ; nœud papillon blanc en piqué, noué à la main ; souliers vernis noirs.

La jaquette et l’habit ont tous deux des basques, ce qui les fait confondre. La coupe du devant les sépare : en biais pour la jaquette, à l’horizontale pour l’habit.

3. Le soir, cravate noire : le smoking

Le smoking est la tenue du soir quand le carton dit « cravate noire ». Debrett’s le décrit sans fente au dos, droit ou croisé, avec des revers en pointe ou en châle parementés de soie et des boutons recouverts. Le pantalon porte un galon sur chaque couture extérieure. La taille se couvre d’une ceinture de smoking ou d’un gilet, jamais des deux. Chemise blanche à col rabattu, nœud papillon noir noué à la main, souliers noirs vernis ou très cirés.

Il descend d’une veste de soirée courte commandée en 1865 par le prince de Galles à son tailleur Henry Poole, et doit son nom américain, « tuxedo », au club de Tuxedo Park. La fiche du smoking donne son histoire datée et ses variantes admises (bleu nuit, croisé, ivoire).

4. Smoking ou costume noir

Un costume noir avec un nœud papillon n’est pas un smoking. Six détails les séparent : la soie des revers, les boutons recouverts, le galon du pantalon, les poches sans rabat, la ceinture de smoking ou le gilet, le nœud papillon noir. Le comparatif smoking ou costume noir les montre sur un schéma numéroté et dit quand un costume sombre suffit : toujours, sauf si le carton dit « cravate noire ».

5. Les chaussures

Debrett’s donne un repère par tenue : avec la jaquette, des souliers noirs à lacets très cirés, sans vernis ; avec le smoking, des souliers noirs vernis ou très cirés et des chaussettes de soie noire ; avec l’habit, des souliers vernis noirs. Un guide des chaussures du smoking complètera ce dossier.

Tenue de gala, tenue de soirée : ce que disent ces mots

« Tenue de gala » et « tenue de soirée » ne sont pas des mentions codifiées comme « cravate noire » ou « cravate blanche ». L’échelle complète des mentions est dans le guide dress code : décoder chaque mention d’un carton. Elles disent que l’hôte attend une tenue habillée, sans dire laquelle.

La parade : demander à l’hôte ou à l’organisateur. À défaut, la rédaction s’en tient à une règle simple. Le costume sombre, chemise blanche et cravate, est le minimum. Le smoking s’impose si l’invitation parle d’un dîner de gala qui commence après 18 heures, ou si les éditions précédentes de l’événement se faisaient en cravate noire.

Et pour la femme

Chaque mention a sa tenue féminine, que Debrett’s décrit en face de celle de l’homme.

  • Jaquette : une tenue de jour habillée, robe ou jupe avec veste, ni trop courte ni décolletée ; un chapeau, habituel aux mariages.
  • Cravate noire : une robe du soir, longue ou au moins pas très courte ; une robe de cocktail ou un pantalon palazzo sont admis ; bijoux fins ou fantaisie, sans diadème.
  • Cravate blanche : une robe du soir longue, sans exception ; ni robe courte ni pantalon. Les longs gants sont traditionnels et s’ôtent pour manger ; le diadème est admis.
  • Tenue de ville : robe ou ensemble de jour habillé.

Acheter, louer ou faire faire

Le critère qui décide est le nombre de fois où vous porterez la tenue, puis votre morphologie. L’arbre de la rédaction :

  1. Vous la porterez une fois (votre mariage, celui d’un proche) : louer, ou emprunter.
  2. Vous la porterez plusieurs fois par an, plusieurs années de suite (galas, dîners, bals) : acheter. Le smoking est la tenue qui revient le plus souvent ; c’est le premier vêtement de cérémonie à posséder.
  3. Le prêt-à-porter ne vous va pas (épaules, longueur de bras, ventre) : faire faire. En demi-mesure, un patron existant est ajusté à vos mesures ; en grande mesure, le patron est tracé pour vous et la veste passe par plusieurs essayages. L’annuaire des maîtres tailleurs distingue ces types d’ateliers ville par ville.
  4. Vous hésitez entre acheter et faire faire : comptez les ports. Un vêtement porté deux fois par an pendant dix ans justifie une confection, une tenue portée une fois ne la justifie jamais.

Que la tenue soit louée ou achetée, vérifiez la longueur des manches et du pantalon : sur une tenue de cérémonie, c’est ce qui se voit en premier.

Les dossiers voisins