Sommaire
  1. Fiche d’identité du smoking
  2. Les détails qui font le smoking
  3. Une veste née dans un fumoir
  4. Les variantes admises
  5. Ce qui en fait un costume noir raté
  6. Quand porter le smoking
  7. Et pour la femme

En bref

Le smoking répond à la mention « cravate noire » (black tie), le soir. Veste noire ou bleu nuit à revers de soie et boutons recouverts, pantalon noir à galon de soie, ceinture de smoking ou gilet, chemise blanche de soirée, nœud papillon noir noué à la main, souliers noirs vernis ou très cirés. C’est un cran sous l’habit (« cravate blanche ») et un cran au-dessus du costume sombre. Le jour, la tenue de cérémonie est la jaquette, avec son gilet et son pantalon rayé.

le soir
heure de port
1 bouton
sur la veste droite
1 galon
sur chaque jambe
ceinture ou gilet
jamais les deux

En français, « smoking » est un emprunt de l’anglais « smoking jacket », la veste d’intérieur qu’on enfilait pour fumer. Les Britanniques appellent la tenue « dinner jacket » ou « black tie », les Américains « tuxedo ». Dans de nombreuses langues, le mot « smoking » désigne aujourd’hui la tenue de soirée, alors qu’en anglais il reste attaché à la veste de fumoir. Le dictionnaire Larousse le définit comme une « tenue de soirée masculine dont le veston est à revers de satin et le pantalon orné à la couture d’un galon de même satin ».

Fiche d’identité du smoking

La grille est la même pour chaque tenue de cérémonie, de la jaquette à l’habit : on lit les tenues ligne à ligne, et on voit ce qui change entre le jour et le soir.

Propriété Valeur Source
Origine veste de soirée courte en soie bleue commandée en 1865 à Henry Poole par le prince de Galles registres de Henry Poole ; Wikipédia anglaise, « Black tie »
Heure le soir Debrett’s
Mention sur le carton « cravate noire », « black tie », « smoking » Debrett’s
Veste noire, droite ou croisée, sans fente Debrett’s
Revers en pointe ou châle, parementés de soie Debrett’s
Boutons recouverts de soie Debrett’s
Pantalon noir, un galon sur chaque couture extérieure, sans revers ni passants Debrett’s ; Wikipédia anglaise
Taille ceinture de smoking ou gilet, jamais les deux Debrett’s
Chemise blanche de soirée, col rabattu, plastron ou devant à boutons cachés, poignets mousquetaires Debrett’s
Cou nœud papillon noir noué à la main Debrett’s
Chaussures noires, vernies ou très cirées, à lacets ; chaussettes de soie noire Debrett’s
Occasions dîner, gala, soirée, mariage du soir quand le carton l’indique Debrett’s
Variantes bleu nuit, croisé, veste ivoire sous climat chaud Debrett’s ; Wikipédia anglaise
Tenue de la femme robe du soir, longue ou au moins pas très courte ; robe de cocktail ou pantalon palazzo admis Debrett’s

Les détails qui font le smoking

Un smoking se reconnaît à des détails précis, tous visibles de face. Le code tient dans le tissu, la soie et la coupe, pas dans la mode du moment.

Schéma annoté du smoking vu de face : revers parementés de soie, bouton recouvert, poches sans rabat, ceinture de smoking, galon du pantalon, nœud papillon noir.
Le smoking vu de face : revers parementés de soie, bouton recouvert, poches passepoilées, ceinture de smoking, galon sur chaque jambe, nœud papillon noir. · Photo: Détails du smoking, La rédaction de Tenue de Rigueur, Propriété de l’éditeur

La veste. Noire, ou bleu nuit, dans une laine fine : barathea (une armure à grain serré, presque mate) ou chevron très fin. Droite à un bouton, ou croisée. Debrett’s la veut sans fente dans le dos : la veste tombe d’un seul tenant sur les hanches.

Les revers. En pointe (ils montent vers l’épaule) ou en châle (une courbe continue, sans cran). Ils sont parementés de soie : satin, qui brille, ou gros-grain, à côtes fines et mat. Un revers cranté, celui du costume de ville, n’appartient pas à la règle.

Les boutons. Recouverts de la même soie que les revers, jamais en corne ni en métal.

Les poches. Passepoilées, sans rabat : un rabat est un détail de costume de jour.

Le pantalon. Noir, dans le drap de la veste, avec un galon de soie sur chaque couture extérieure. Pas de revers, pas de passants : il se tient par des bretelles. L’habit, lui, porte deux galons.

La taille. Une ceinture de smoking (la large bande plissée, plis tournés vers le haut) ou un gilet du soir. Les deux sont corrects, mais jamais ensemble.

La chemise. Blanche, à col rabattu, avec un plastron en piqué et des boutons de plastron, ou un devant uni à boutons cachés. Poignets mousquetaires et boutons de manchette. Le col cassé appartient à l’habit, pas au smoking.

Le cou et les pieds. Un nœud papillon noir noué à la main, à l’échelle du visage. Des souliers noirs à lacets, vernis ou très cirés, des chaussettes de soie noire. Une pochette blanche dans la poche de poitrine finit la tenue.

Une veste née dans un fumoir

Dans les années 1850, la « smoking jacket » est une veste courte d’intérieur, en velours ou en soie, à col châle et brandebourgs. On la passe après le dîner pour fumer le cigare ou la cigarette au fumoir, et elle protège l’habit de l’odeur et des cendres.

Veste d’intérieur américaine des années 1905-1915 sur un buste de musée : drap bleu nuit moucheté, col châle matelassé, brandebourgs et poches bordées d’un tissu écossais.
Une veste d’intérieur américaine des années 1905-1915, à col châle matelassé et brandebourgs : la lignée de la smoking jacket du fumoir. · Photo: Veste d’intérieur à brandebourgs, The Metropolitan Museum of Art (veste d’intérieur américaine, 1905-1915), CC0 1.0 (domaine public)

En 1865, le prince de Galles, futur Édouard VII, commande à son tailleur Henry Poole une veste de soirée courte en soie bleue, pour les dîners privés de Sandringham. Les registres de la maison y voient la première veste de dîner coupée sur Savile Row : une alternative informelle à l’habit, sans les basques.

La tenue traverse l’Atlantique dans les années 1880. En octobre 1886, des membres du club de Tuxedo Park, près de New York, se présentent au premier bal d’automne du club dans une veste de soirée sans basques. Le nom « tuxedo » en vient. Le détail du récit reste discuté : on ne sait pas si ces vestes étaient des smokings ou des vestes de mess militaires, et l’idée qu’un résident l’aurait rapportée d’Angleterre ne se vérifie pas.

Dès 1888, la bonne société admet la veste comme substitut de l’habit pour l’été et les soirées informelles. Au XXe siècle, elle devient la tenue de soirée habituelle de l’homme habillé, et l’habit se replie sur les occasions les plus solennelles.

Les variantes admises

Bleu nuit. Le bleu très foncé gagne du terrain dès la Première Guerre mondiale et rivalise avec le noir au milieu des années 1930. C’est la seule autre couleur que la tradition retient pour ce vêtement : un smoking gris, bordeaux ou blanc des pieds à la tête relève du costume de scène.

Croisé. La veste croisée est correcte ; fermée, elle couvre la taille du pantalon et se porte sans ceinture de smoking.

Ivoire. La veste blanche, en fait ivoire, est faite pour les climats chauds. Debrett’s précise qu’elle ne se porte pas, en principe, en Grande-Bretagne. Ses revers sont dans le même drap, le pantalon reste noir.

Veste de smoking ivoire à col châle dans le même drap, suspendue à un cintre en bois devant un mur blanc.
La veste ivoire à col châle, revers dans le même drap : la variante des climats chauds, portée avec le pantalon noir. · Photo: Veste de smoking ivoire, McFollis, Pexels License

Velours. La veste de velours, héritière de la smoking jacket, convient à un dîner chez soi ou à une soirée moins formelle. Pour une invitation « cravate noire », la rédaction s’en tient au drap de laine : le velours reste une veste d’intérieur dans l’esprit de la règle.

Châle ou pointe. Les deux revers sont dans la règle ; le châle passe pour un peu moins formel.

Ce qui en fait un costume noir raté

Un costume noir avec un nœud papillon n’est pas un smoking. Le comparatif smoking ou costume noir les met côte à côte en six repères ; voici les détails qui trahissent le costume :

  • des revers crantés dans le drap de la veste ;
  • deux ou trois boutons de corne ;
  • des poches à rabat ;
  • une ceinture de cuir dans des passants ;
  • un pantalon sans galon, ou à revers ;
  • une cravate longue ou un nœud papillon tout fait ;
  • une veste entièrement en satin brillant, qui n’est ni un smoking ni un costume.

Quand porter le smoking

Quand le carton dit « cravate noire », « smoking » ou « black tie » (le code black tie détaille la mention pour lui et pour elle). Sans mention, le smoking en fait trop : le costume sombre suffit. Il se porte le soir, pour un mariage dont la fête commence après 18 heures (le marié et les hommes du cortège en premier), un dîner de gala, une soirée d’opéra ou un bal. Le jour, même pour une cérémonie, la tenue de rigueur est la jaquette.

Et pour la femme

Debrett’s décrit une robe du soir, longue ou au moins pas très courte. Une robe de cocktail ou un pantalon palazzo sont admis. Les robes très amples sont peu pratiques à table, les robes très ajustées ou fendues peu adaptées à une soirée qui enchaîne réception et dîner assis. Bijoux fins ou fantaisie, sans diadème, petit sac du soir.

Le smoking lui-même s’est ouvert aux femmes en 1966, avec « Le Smoking » qu’Yves Saint Laurent présente dans sa collection de haute couture automne-hiver.