Sommaire
- L’échelle des codes, du plus formel au plus libre
- Le mot « dress code »
- White tie, l’habit
- Black tie, la cravate noire
- Cocktail
- Tenue de ville
- Smart casual
- Casual chic et décontracté
- Lire le carton, écrire le carton
- Au travail : le dress code d’entreprise
- Le jour : jaquette et tenue de cérémonie
- Les dossiers voisins
- Questions fréquentes
Un carton d’invitation se lit du plus formel au plus libre : habit, cravate noire, cocktail, tenue de ville, smart casual, casual chic, décontracté. Ce dossier donne pour chaque mention la tenue de l’homme et celle de la femme, l’heure à laquelle elle s’emploie et la formule française qui lui répond. Il s’adresse à celui ou celle qui tient le carton et se demande quoi porter ; les guides détaillés suivent l’ordre de l’échelle.
L’échelle des codes, du plus formel au plus libre
Le tableau ci-dessous est la carte du dossier. Il croise les protocoles publiés par Debrett’s, par Patrimoine canadien et par l’Office québécois de la langue française (OQLF), et les règlements de lieux qui affichent leur code.
| Code | Sur un carton français | Pour lui | Pour elle | Heure |
|---|---|---|---|---|
| White tie | « Cravate blanche », « habit », « tenue de soirée » | Habit à queue-de-pie, gilet et nœud papillon blancs, chemise à col cassé, souliers vernis | Robe longue jusqu’au sol, gants longs facultatifs | Soir seulement |
| Black tie | « Cravate noire », « smoking » | Smoking noir ou bleu nuit à revers de soie, nœud papillon noir | Robe du soir longue, ou robe de cocktail ajustée | Soir seulement |
| Cocktail | « Tenue de cocktail » | Costume sombre, chemise, cravate | Robe de cocktail, au genou ou un peu dessous | Soir |
| Tenue de ville | « Tenue de ville » (ou carton muet) | Complet sombre, chemise blanche, cravate | Robe, tailleur, jupe et chemisier | Jour et soir |
| Smart casual | Pas d’équivalent fixe ; « tenue décontractée » au plus près | Veste, chino ou flanelle, chemise à col, sans cravate obligée | Robe de jour et veste, ou pantalon et cardigan | Jour surtout |
| Casual chic | « Chic et décontracté » | Veste ou pull fin, chemise ou polo, pantalon de toile | Robe ou pantalon habillé, sans veste obligée | Jour ou soir |
| Décontracté | « Tenue décontractée », « tenue de détente » | Pantalon et chemise à col ouvert, veste qu’on retire | Tenue simple et pratique | Jour |

Deux règles traversent tout le tableau. La première : les tenues de soirée ne se portent jamais le jour, précise le protocole canadien. La seconde : quand le carton ne dit rien, on s’habille en tenue de ville, selon l’OQLF comme selon Patrimoine canadien.
Le mot « dress code »
Définition : « dress code » est un anglicisme, un nom masculin emprunté à l’anglais. Il désigne, selon l’Académie française, soit ce qui prévaut en matière de mode vestimentaire, soit la tenue requise pour une circonstance déterminée. Dans une note du 1er décembre 2011, l’Académie recommande d’employer en langue française « tenue requise » ou « tenue souhaitée » plutôt que le mot anglais.
En France, sur un carton, c’est ce second sens qui compte, pour l’homme comme pour la femme : le dress code est la tenue que l’hôte attend, écrite en bas de l’invitation. L’emploi du mot pour un style personnel (« mon dress code du lundi ») relève de la mode, pas du protocole. Ce dossier ne traite que de ce sens-là : la mention que vous lisez sur un carton, et ce qu’elle exige. Un exemple : « Tenue : cravate noire » au bas d’une invitation à dîner veut dire smoking pour lui, robe du soir pour elle.
White tie, l’habit
C’est le sommet de l’échelle. Pour lui : l’habit noir à queue-de-pie, porté ouvert, le pantalon à deux rangées de galon, la chemise blanche en piqué à col cassé, le gilet blanc et le nœud papillon blanc noué à la main. Pour elle : une robe longue jusqu’au sol, les bijoux et les accessoires les plus habillés ; un pantalon ou une robe courte ne passent pas.
Le Bal de l’Opéra de Vienne publie le sien sur son site officiel : pour les dames, une robe de bal jusqu’au sol, de n’importe quelle couleur, ni costume traditionnel ni dirndl de fête ; pour les messieurs, l’habit noir, la chemise d’habit blanche, le nœud papillon blanc et les souliers vernis noirs, l’uniforme de gala étant admis. Debrett’s note que l’habit reste porté aux cérémonies royales, à certains bals et dîners officiels, mais ne se voit plus à l’opéra.
Black tie, la cravate noire
La mention de soirée la plus courante. Pour lui : le smoking noir ou bleu nuit à revers de soie, le pantalon à une seule rangée de galon, la chemise blanche à col rabattu, le nœud papillon noir, un gilet ou une ceinture de smoking, jamais les deux. Pour elle : une robe du soir, longue de préférence, ou une robe de cocktail ajustée ; la robe n’a pas à être noire.
Le guide black tie, pièce par pièce donne la liste fermée des pièces, ce qui est toléré (bleu nuit, veste blanche sous un climat chaud) et les fautes qui trahissent un costume déguisé en smoking.
Cocktail
Un code du soir, entre la tenue de ville et le smoking. Pour lui : un costume sombre, une chemise et une cravate, comme pour la tenue de ville portée le soir. Pour elle : la robe de cocktail, que Debrett’s décrit ajustée, arrivant juste sous le genou, dans une matière du soir (soie, crêpe, mousseline), avec des manches ou une veste.

L’erreur courante : venir en smoking. La mention « cocktail » dit justement que l’hôte ne l’attend pas.
Tenue de ville
La mention la plus fréquente, et la plus mal lue. Pour lui : un complet sombre (bleu marine ou anthracite), une chemise blanche et une cravate ; plus la cérémonie est importante, plus le complet est foncé. Pour elle : une robe, un tailleur (jupe ou pantalon), ou une jupe et un chemisier. Elle couvre le jour comme le soir, les mariages civils comme les obsèques.
Le guide tenue de ville range ses variantes (foncée, habillée, décontractée, exigée) et corrige le contresens qui la prend pour une tenue de tous les jours.
Smart casual
Le code le plus flou, que Debrett’s dit lui-même le plus difficile à interpréter. Pour lui : une veste, un pantalon de flanelle, de velours côtelé ou un chino, une chemise à col, des chaussures de ville ; ni baskets ni sandales au niveau formel. Pour elle : une robe de jour avec une veste, ou un pantalon ou une jupe avec un cardigan, sans tailleur de bureau.
Le festival de Glyndebourne l’emploie pour sa saison d’automne, quand le public arrive directement du travail. La grille du smart casual classe chaque pièce, jean et baskets compris, en permise, limite ou exclue selon l’occasion.
Casual chic et décontracté
En bas de l’échelle, aucun protocole ne fixe de liste. Le casual chic (« chic et décontracté ») demande une tenue soignée sans la structure de la veste : un pull fin ou une chemise sur un pantalon de toile pour lui, une robe ou un pantalon habillé pour elle. Le décontracté est la tenue de détente : pour un brunch, une réception au bord d’une piscine ou un match de tennis entre proches, le protocole canadien prévoit un pantalon et une chemise à col ouvert pour l’homme, la veste pouvant être retirée à l’arrivée, et une tenue simple et pratique pour la femme.
Même là, Debrett’s rappelle une limite : « venez comme vous êtes » veut rarement dire ce qu’il dit. Changer de tenue pour l’occasion reste la marque d’égard attendue.
Lire le carton, écrire le carton
Pour le lire : la mention de tenue accompagne la date, l’heure et le lieu, et l’heure compte autant qu’elle : une réception à 19 heures n’appelle pas la même tenue qu’un déjeuner, même sous la même formule. Une mention double (« cravate blanche ou cravate noire ») laisse le choix, l’hôte sachant que l’habit est difficile à trouver pour certains invités.
Pour l’écrire : selon Patrimoine canadien, c’est l’hôte qui fixe la tenue, et il doit toujours l’indiquer pour une réception ou un dîner après 18 heures. La formule recommandée tient en une ligne, en capitales sur les cartons officiels : « TENUE : TENUE DE VILLE », ou « TENUE DE VILLE OU COSTUME NATIONAL » quand des invités étrangers sont attendus. Une formule qui laisse le doute (« tenue chic », « élégant ») oblige chaque invité à deviner ; mieux vaut un code de l’échelle.
Au travail : le dress code d’entreprise
Hors invitation, le dress code d’une entreprise suit la même échelle, avec ses propres mots. L’OQLF fait correspondre la tenue de ville habillée à l’anglais « business formal » (vêtements classiques, ajustés, de couleurs sobres) et la tenue de ville décontractée à « business casual » (des vêtements de qualité et bien coupés, aux couleurs et motifs plus libres). Le premier, le code vestimentaire des affaires, correspond à la tenue de ville d’un carton ; le second se place entre la tenue de ville et le smart casual, et son niveau varie selon le poste et l’événement.
Le jour : jaquette et tenue de cérémonie
L’échelle ci-dessus vaut surtout pour le soir. Le jour, la tenue la plus formelle est la jaquette : veste noire ou grise à pans arrondis, pantalon rayé gris, gilet, cravate. Debrett’s fixe sa limite d’heure : elle ne doit pas être demandée pour un événement qui commence après 18 heures. Pour elle, une robe ou une jupe avec une veste, et souvent un chapeau. Les pièces de la jaquette, de l’habit et du smoking, et la règle qui décide entre eux, font l’objet du dossier sur les tenues de cérémonie.
Les dossiers voisins
- Tenues de cérémonie
Jaquette, queue-de-pie ou smoking : laquelle, et à quelle heure.
- S’habiller pour un mariage
Marié, témoin, invités : accorder la tenue au faire-part.
- Choisir un costume
Couleur, coupe, drap et taille du complet de la tenue de ville.
- Chemise et cravate
Cols, nœuds et accords pour chaque mention.
- Tissus et motifs
Reconnaître un drap et savoir quand le porter.
- Histoire du costume
D’où viennent l’habit, le smoking et leurs règles.
- Trouver un tailleur
Grande mesure, demi-mesure : quel atelier pour quelle tenue.
Questions fréquentes
Comment dit-on « dress code » en français ?
« Tenue requise » ou « tenue souhaitée », selon l’Académie française. Sur un carton, on écrit simplement « Tenue : » suivi du code.
Quel est le dress code d’une soirée ?
Celui que le carton indique. Sans indication, la tenue de ville ; « cravate noire » appelle le smoking, « cravate blanche » l’habit.
Quel est le code le plus formel ?
Le white tie (l’habit) le soir, la jaquette le jour.
Un dress code s’applique-t-il aux femmes ?
Oui : chaque mention a son équivalent féminin, de la robe longue jusqu’au sol du white tie à la robe de jour du smart casual.
