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La règle
Sur une veste droite, on ne ferme jamais le bouton du bas : à deux boutons, on ferme celui du haut ; à trois, celui du milieu, et celui du haut si l’on veut. On déboutonne en s’asseyant. Une veste croisée reste fermée, debout comme assis. Sur un gilet droit, le dernier bouton reste ouvert ; un gilet croisé se ferme entièrement.
Le bas d’une veste droite n’est pas un oubli : le vêtement est coupé pour rester ouvert à cet endroit. La règle a une origine discutée (elle prend place dans la chronologie des codes du costume masculin), mais son effet se voit au premier coup d’œil : une veste fermée jusqu’en bas tire, plisse et s’écarte sur les hanches.
Quels boutons fermer, modèle par modèle

| Modèle | Debout | Assis | Remarque |
|---|---|---|---|
| Veste droite, 1 bouton | fermé | ouvert | le modèle du smoking |
| Veste droite, 2 boutons | celui du haut | ouverts | le bas, jamais |
| Veste droite, 3 boutons | celui du milieu, le haut au choix | ouverts | « parfois, toujours, jamais », de haut en bas |
| Trois roulé sur deux | celui du milieu | ouverts | le revers roule sur le bouton du haut, qui ne se ferme pas |
| Croisé 6×2 | le bouton intérieur et celui du milieu | fermés | les deux du haut sont décoratifs, celui du bas reste ouvert |
| Croisé 4×2 | le bouton intérieur, puis celui du haut, celui du bas ou les deux | fermés | les quatre boutons sont posés en carré |
| Croisé 6×1 ou 4×1 | le bouton intérieur et le seul bouton qui ferme | fermés | modèle rare aujourd’hui |
| Gilet droit | tous sauf le dernier | idem | gilet de jour |
| Gilet croisé ou du soir | tous | idem | aucun bouton laissé ouvert |
Le chiffre d’un croisé se lit ainsi : le premier nombre compte les boutons visibles, le second ceux qui ferment.
La plupart des vestes droites ont deux ou trois boutons ; quatre et plus sont rares. La veste à un bouton, longtemps réservée au smoking, revient sur des costumes de ville. Quel que soit le nombre, la logique ne change pas : on ferme à la taille, jamais en bas. Le point de boutonnage, plus ou moins haut, fait partie de la coupe de la veste, droite, cintrée ou ample.
Pourquoi le dernier bouton reste ouvert
La version la plus racontée met en scène Édouard VII, prince de Galles puis roi du Royaume-Uni de 1901 à 1910 (on lit souvent « roi d’Angleterre »). Trop corpulent pour fermer le bas de son gilet, il l’aurait laissé ouvert, et la cour l’aurait imité. La maison Henry Poole, l’un de ses tailleurs, reprend ce récit. Une variante dit qu’il aurait simplement oublié de fermer le dernier bouton un matin.
Ce récit n’est pas prouvé et passe pour une légende. Une autre explication tient à l’équitation : un gilet ouvert en bas ne remonte pas sur la selle.
Ce qui est établi tient à la coupe. Le gilet moderne descend plus bas que celui du XIXe siècle, et le devant d’une veste droite s’arrondit sous le dernier bouton. Fermé, ce bouton tire le tissu en travers et marque des plis ; ouvert, il laisse la veste tomber droit sur les hanches. Quelle que soit l’origine, les vestes d’aujourd’hui sont coupées pour être portées ainsi.
Le croisé, toujours fermé
Une veste croisée a deux pans qui se recouvrent largement, et la moitié seulement de ses boutons extérieurs ferment. Sur le modèle le plus courant, le 6×2, six boutons sont cousus, deux ferment, et la paire du haut flotte au-dessus du croisement.

Un bouton intérieur, cousu sur l’envers, tient le pan de dessous en place. Il se ferme avant le bouton extérieur.
Seul le bouton du milieu est nécessaire. Le prince George, duc de Kent, a fait connaître une autre manière : ne fermer que le bouton du bas, pour une ligne plus longue.
Le croisé (ou veste à double boutonnage) se garde fermé, assis comme debout : ouvert, ses deux pans pendent. Il passe pour un peu plus habillé que la veste droite et se porte aussi bien en costume de ville qu’en smoking. Ses revers sont le plus souvent en pointe, dont les pointes suivent la diagonale des boutons.
Le gilet
Sur un gilet droit de jour, le dernier bouton reste ouvert : c’est la même règle que la veste, et c’est d’elle que vient le récit d’Édouard VII.
Cette coutume ne vaut que pour lui. Un modèle croisé, celui du soir, celui qui est coupé droit en bas ou celui d’une livrée se ferment entièrement.
Avec un costume trois-pièces, la veste peut rester ouverte : le gilet tient la silhouette, couvre la taille du pantalon et donne du confort en position assise.
Assis ou debout
Debout, la veste droite est fermée ; assis, elle s’ouvre. Le geste : on défait en s’asseyant, on referme en se levant. À un mariage ou une cérémonie, la tenue se juge debout, sur les photos : veste fermée au bon endroit. Fermée assise, la veste tire aux boutons, plisse sur le ventre et remonte au col.
Le croisé fait exception : on le garde fermé, ce qui évite de refaire le bouton intérieur à chaque fois qu’on se lève.
Le smoking à un bouton suit la règle de la veste droite. Une veste de costume ouverte debout n’est pas une faute de style en tenue décontractée ; en tenue de ville, elle se ferme.
Les erreurs de boutonnage et ce qu’elles font au tombé
- Le bouton du bas fermé : des plis en X partent du bouton, les pans se resserrent sur les hanches au lieu de s’ouvrir.
- Tous les boutons ouverts debout : la veste flotte, le revers ne roule plus et la cravate disparaît d’un côté.
- Le bouton du haut fermé sur un trois roulé sur deux : le revers se casse au milieu de son roulé.
- Un croisé ouvert : deux pans de tissu qui pendent devant, sans ligne.
- Une veste fermée assise : le tissu tire en étoile autour du bouton.
Questions fréquentes
Veste à deux ou trois boutons, laquelle choisir ?
La veste à deux boutons est la plus courante ; la veste à trois boutons ferme plus haut et montre moins de chemise. La règle du bas ne change pas.
Pourquoi les vestes de femme se boutonnent-elles de l’autre côté ?
Sur une veste d’homme, les boutonnières sont sur le pan gauche, qui passe sur le droit ; sur une veste de femme, c’est l’inverse. Les explications avancées varient et aucune n’est établie.