Sommaire
En bref
Quatre pliages couvrent toutes les tenues, du plus strict au plus libre : le plat, la pointe, les deux pointes et le nuage. Les trois premiers demandent un tissu qui garde le pli, lin ou coton ; le nuage veut une soie souple. Comptez une pochette de 40 cm de côté ou plus en soie, de 30 à 35 cm environ en lin. Et une règle qui ne souffre pas d’exception : la pochette ne reprend jamais le tissu de la cravate.
Une pochette de costume est un carré de tissu, plié pour la poche de poitrine de la veste, celle qui se trouve à gauche quand on porte la veste. Elle s’y place seule : un stylo ou des lunettes dans la même poche déforment le pli et alourdissent le tombé du revers. Le pliage décide de son degré de formalité ; la matière décide du pliage qu’elle tiendra. Les dessins de cette page montrent chaque pliage étape par étape, la pochette vue de face.
- 4
- pliages, du plus strict au plus libre
- 40 cm
- de côté au moins pour une pochette en soie
- 30 à 35 cm
- pour une pochette en lin ou en coton
- 0
- pochette assortie à la cravate
Quel pliage pour quelle tenue
| Pliage | Matière qui le tient | Formalité | Avec quoi |
|---|---|---|---|
| Plat | lin, coton | la plus stricte | costume sombre, smoking, cérémonie |
| Une pointe | lin, coton, soie fine | habillée | costume de ville, mariage |
| Deux pointes | lin, coton | habillée, moins stricte | costume, veste de cérémonie |
| Nuage (bouffant) | soie, laine fine | la plus libre | veste dépareillée, tweed, tenue de jour décontractée |
Lisez le tableau de haut en bas : plus le pliage est géométrique, plus il est formel. Pour porter une pochette de costume classique, le pli plat ou le pliage en pointe ne se trompent jamais ; le bouffant demande une veste plus libre, en lin ou en tweed. Le pliage plat, qui ne montre qu’un bandeau blanc au-dessus de la poche, est celui du smoking et des tenues les plus strictes. Le nuage, qui laisse la soie bouffer sans arête, se porte plutôt avec une veste sport.
Pour un mariage, le pliage à une ou deux pointes convient au marié, aux témoins et aux invités en costume ; le plat blanc s’impose si la tenue est un smoking.
Avant de plier : la dimension et la matière
La dimension. Une pochette trop petite glisse au fond de la poche et ne tient aucun pliage. En soie, comptez 40 cm de côté ou davantage : le tissu est fin et doit être replié plusieurs fois pour remplir la poche. En lin ou en coton, plus épais, 30 à 35 cm de côté environ suffisent.
La matière. Le lin et le coton gardent le pli au fer : ils font les arêtes nettes du plat et des pointes. La soie glisse et rebondit : elle refuse l’arête mais fait le meilleur nuage. La laine fine se comporte comme une soie épaisse.
Repassez la pochette avant de la plier, sauf pour le nuage, et pliez-la sur une table plutôt que dans la main : les arêtes sortent plus droites. Sur une pochette de qualité, les bords sont souvent roulottés à la main, cousus en petit bourrelet : la taille annoncée peut alors varier de quelques millimètres.
Le pliage plat

Le plus sobre, souvent appelé pliage présidentiel : un simple bandeau horizontal dépasse de la poche.
- Posez la pochette à plat, l’envers vers vous, et lissez les plis.
- Pliez-la en deux, bord sur bord : vous obtenez un rectangle.
- Repliez les côtés vers le centre jusqu’à la largeur de votre poche.
- Remontez le bas vers le haut, en laissant dépasser un petit bandeau, d’un à quatre centimètres environ.
- Glissez la pochette dans la poche, pli en haut : elle doit remplir la poche en largeur, sans s’y enfoncer.
Le bandeau visible reste étroit et parallèle au bord de la poche. Pour casser la rigueur, certains décalent légèrement les deux épaisseurs en haut : le pliage reste plat, mais montre deux lignes.
Le pliage à une pointe

Une seule pointe se dresse au centre de la poche : c’est le pliage habillé le plus courant.
- Pliez la pochette en quatre : vous obtenez un carré plus petit.
- Posez-la en losange, les quatre pointes libres vers le haut.
- Rabattez la pointe gauche vers le milieu, puis la pointe droite, jusqu’à la largeur de la poche.
- Remontez le bas pour régler la hauteur.
- Glissez la pochette dans la poche, pointe vers le haut.
La pointe ressort de 2 ou 3 cm environ, bien droite. En soie fine, ce pliage tient s’il est serré ; en lin, il garde son arête toute la journée.
Le pliage à deux pointes

Deux pointes côte à côte, légèrement décalées : un pliage un peu moins strict que la pointe seule.
- Posez la pochette à plat, en losange.
- Repliez-la en triangle, mais sans faire coïncider les pointes : décalez la pointe du dessus de 2 cm environ vers la droite. Deux pointes apparaissent.
- Rabattez le côté gauche, puis le côté droit, vers le centre, jusqu’à la largeur de la poche.
- Remontez le bas.
- Glissez la pochette dans la poche, les deux pointes vers le haut.
Le même geste, répété avec un troisième décalage, donne le pliage à trois pointes, dit aussi en couronne.
Le pliage en nuage

Le pliage de la soie : un bouffant arrondi, sans arête, qui dépasse de la poche. On l’appelle aussi pli bouffant, et c’est le seul qui accepte une pochette à motif imprimé chargé, fleurs ou cachemire.
- Posez la pochette à plat et pincez-la en son centre, entre le pouce et l’index.
- Soulevez-la : les quatre pointes retombent ensemble vers le bas.
- De l’autre main, formez un anneau avec le pouce et l’index autour du tissu, juste sous le centre, et faites-le glisser vers le bas : le bouffant se forme au-dessus.
- Repliez les pointes vers le haut, derrière le bouffant, pour ajuster la hauteur.
- Glissez la pochette dans la poche, bouffant vers le haut, puis aérez-le du bout des doigts.
Retourné, avec les pointes en haut et le bouffant au fond, ce pliage devient la tulipe, ou pliage en puits : même tissu, même geste, allure plus désinvolte. Le style dandy en a fait sa signature, sur une veste de costume en lin ou en velours.
Ne jamais l’assortir à la cravate
La règle tient en une phrase : la pochette n’est pas taillée dans le même tissu que la cravate. Les coffrets « cravate et pochette assorties » sont la faute la plus courante : l’ensemble paraît acheté d’un bloc et tire le regard loin du visage.
Ce qui se fait : la pochette reprend une couleur secondaire de la cravate ou de la chemise, sans en copier le motif. Une pochette blanche en lin ou en coton va avec tout, y compris avec le smoking et le nœud papillon. Sur un costume bleu marine, une pochette bleu ciel, blanche ou d’une couleur reprise de la cravate apporte une touche finale sans rien répéter. Pour accorder les trois pièces entre elles, le dossier chemise et cravate détaille la règle des contrastes et des échelles de motifs.
Si la pochette ne tient pas
| Symptôme | Cause probable | Correction |
|---|---|---|
| La pochette s’enfonce dans la poche | pochette trop petite ou repliée trop court | la replier moins, ou choisir un carré plus grand |
| Les pointes retombent | soie trop souple pour un pliage à arêtes | passer au lin, ou au nuage |
| Le nuage s’aplatit | soie pressée au fer, ou trop serrée dans la poche | ne pas repasser la soie, déplier un peu la base |
| La pochette fait une bosse | poche encombrée, ou pochette trop épaisse | vider la poche, replier une fois de moins |
D’où vient la pochette
La pochette est d’abord un mouchoir. On le glissait dans la poche du pantalon pour un usage pratique ; avec le costume deux pièces, au XIXe siècle, il passe dans la poche de la veste pour ne pas se salir. Le mouchoir de poche devient un accessoire de mode entre les années 1920 et 1960, porté au cinéma par Cary Grant ou Fred Astaire, avant de disparaître puis de revenir à la fin des années 2000. Les Anglais disent pocket square : la pochette est carrée, et c’est ce carré que chaque pliage transforme.
