Sommaire
  1. Les six nœuds en un tableau
  2. Trois questions pour choisir
  3. Les six nœuds, du plus petit au plus gros
  4. Le nœud simple (four in hand)
  5. Le nœud Kelvin
  6. Le nœud Pratt (ou Shelby)
  7. Le nœud double (Prince Albert)
  8. Le demi-Windsor
  9. Le Windsor
  10. Quel nœud pour quelle occasion
  11. Le nœud le plus élégant ?

En bref

Six nœuds de cravate couvrent presque tous les usages : le simple, le Kelvin, le Pratt, le double, le demi-Windsor et le Windsor. Ils se départagent par leur volume, qui suit le nombre de mouvements du grand pan (4 pour le simple, 8 pour le Windsor), et par la longueur de cravate qu’ils consomment. La règle : le nœud remplit l’ouverture du col. Le nœud simple pour un col classique et tous les jours, le demi-Windsor pour un col semi-écarté, le Windsor pour un col très ouvert.

Choisir le nœud avant de le nouer évite deux ratés fréquents : un nœud perdu dans un col trop ouvert, une cravate qui s’arrête au-dessus de la ceinture.

6
nœuds comparés, chacun avec sa silhouette
4 à 8
mouvements du grand pan, du simple au Windsor
30 à 50 cm
d’écart de départ entre les pans
85
nœuds possibles selon Fink et Mao

Les six nœuds en un tableau

Nœud Mouvements Volume Symétrie Longueur consommée Col qui lui convient
Simple (four in hand) 4 petit, allongé non, penché d’un côté la plus faible, écart de départ d’environ 30 cm classique, boutonné, presque tous
Kelvin 5 petit oui faible classique, boutonné
Pratt (Shelby) 5 moyen à l’œil, oui faible à moyenne classique, italien
Double (Prince Albert) 6 petit à moyen, allongé non moyenne, écart d’environ 40 cm classique, cols longs
Demi-Windsor 6 moyen, triangle net oui moyenne italien (semi-écarté)
Windsor 8 gros, triangle large à l’œil, oui la plus forte, écart d’environ 50 cm cutaway, très ouvert

Lisez le tableau de haut en bas : chaque ligne demande un peu plus de cravate et un col un peu plus ouvert que la précédente. Le nombre de mouvements vient du classement des nœuds publié par deux physiciens de l’université de Cambridge, Thomas Fink et Yong Mao, en 1999 dans la revue Nature : un mouvement est un passage du grand pan à gauche, à droite ou au centre. Plus il y en a, plus le nœud est gros et plus il mange de longueur.

Trois questions pour choisir

Le col. C’est lui qui décide en premier. Un col classique, aux pointes rapprochées, n’a de place que pour un petit nœud ; un col cutaway, aux pointes presque horizontales, laisse un vide autour d’un nœud simple. La page des cols de chemise donne l’écartement de chacun.

L’épaisseur et la matière de la cravate. Une cravate épaisse, en laine, en tricot ou en soie lourde, grossit tout nœud qu’on lui donne : un nœud simple suffit. Une cravate fine en soie légère supporte un double, un demi-Windsor ou un Windsor sans faire de boule.

La longueur de la cravate et votre taille. Une cravate de prêt-à-porter a une longueur fixe. Un homme grand, ou un nœud qui consomme beaucoup comme le Windsor, et la pointe s’arrête au-dessus de la ceinture. Le Pratt et le simple laissent le plus de longueur au grand pan.

Une fois nouée, la pointe du grand pan arrive à la ceinture ou juste au-dessus, et le petit pan reste caché derrière.

Les six nœuds, du plus petit au plus gros

Tous se nouent sur le même principe : l’extrémité large, le grand pan, s’enroule autour de l’extrémité étroite, qui ne bouge pas, puis remonte dans la boucle du cou et redescend dans la boucle avant.

Le nœud simple (four in hand)

Silhouette du nœud simple, petit et allongé, sur un col semi-écarté
Le nœud simple : 4 mouvements, un nœud étroit et allongé, légèrement penché. · Photo: Silhouette du nœud simple, La rédaction de Tenue de Rigueur, Propriété de l’éditeur

Le nœud le plus porté, et le premier à apprendre. Son nom viendrait du Four-in-Hand Club de Londres, un club d’attelage dont les membres l’ont mis à la mode au XIXe siècle. Il tient en 4 mouvements : le grand pan croise devant le petit, passe derrière, revient devant, remonte dans la boucle du cou et descend dans la boucle avant. Le résultat est étroit, allongé et penché d’un côté, ce qui fait partie de son allure.

Il consomme le moins de cravate : un écart de départ d’environ 30 cm entre les deux pans suffit. Il va avec presque tous les cols, surtout le classique et le boutonné, et avec toutes les cravates épaisses. Il se défait seul quand on tire le petit pan. L’armée des États-Unis le compte parmi les trois nœuds autorisés avec la cravate d’uniforme, avec le demi-Windsor et le Windsor. Le pas à pas en dessins est dans le tutoriel du nœud simple.

Le nœud Kelvin

Silhouette du nœud Kelvin, petit, sur un col semi-écarté
Le Kelvin : 5 mouvements, un tour de plus que le simple, à peine plus gros. · Photo: Silhouette du nœud Kelvin, La rédaction de Tenue de Rigueur, Propriété de l’éditeur

Un nœud simple avec un tour supplémentaire, commencé à l’envers, couture vers l’extérieur : 5 mouvements. Il est un peu plus gros que le simple et, au sens de Fink et Mao, symétrique. Il va avec les mêmes cols que le simple, quand une cravate fine donne un nœud trop maigre. Contrairement au simple, il ne se défait pas seul : il faut le dénouer.

Le nœud Pratt (ou Shelby)

Silhouette du nœud Pratt, moyen et symétrique, sur un col semi-écarté
Le Pratt : 5 mouvements, un nœud moyen et net, symétrique à l’œil. · Photo: Silhouette du nœud Pratt, La rédaction de Tenue de Rigueur, Propriété de l’éditeur

Lui aussi se noue à l’envers, couture visible au départ, en 5 mouvements, dont deux par le centre. Il donne un nœud moyen et d’aspect symétrique, plus net que le simple, plus petit que le demi-Windsor.

Son histoire est connue : il a été mis au point à la fin des années 1950 par Jerry Pratt, employé de la Chambre de commerce des États-Unis, puis popularisé sous le nom de Shelby par un journaliste de télévision, Don Shelby, avant un article du New York Times en 1989. Il consomme peu de longueur : c’est le nœud des cravates courtes et des hommes grands. Col classique ou italien.

Le nœud double (Prince Albert)

Silhouette du nœud double, allongé, deux tours visibles, sur un col semi-écarté
Le double : 6 mouvements, deux tours visibles, un nœud allongé et penché. · Photo: Silhouette du nœud double, La rédaction de Tenue de Rigueur, Propriété de l’éditeur

Un nœud simple dont le grand pan fait deux tours au lieu d’un : 6 mouvements. Fink et Mao le nomment Victoria ; l’usage français dit double, double simple ou Prince Albert. Il reste allongé et penché, mais plus épais que le simple.

Il demande un écart de départ d’environ 40 cm. Il se prête aux cravates étroites, souples et peu épaisses, qu’il étoffe, et aux cols aux pointes longues. Comme le simple, il se défait seul.

Le demi-Windsor

Silhouette du demi-Windsor, triangle moyen et net, sur un col semi-écarté
Le demi-Windsor : 6 mouvements, un triangle net et symétrique de taille moyenne. · Photo: Silhouette du demi-Windsor, La rédaction de Tenue de Rigueur, Propriété de l’éditeur

Le nœud de cérémonie le plus courant : 6 mouvements, dont deux par le centre, pour un triangle net et symétrique. Il dérive du Windsor : le grand pan ne fait le tour du nœud que d’un côté au lieu des deux. Il est plus gros que le simple et le Pratt, plus petit que le Windsor, et se noue mieux avec une soie légère ou moyenne.

Il remplit le col italien sans le forcer, ce qui en fait le choix sûr pour un mariage ou une tenue de ville sombre. Les manuels en donnent deux versions, dont une qui se défait seule ; le nom est le même dans les deux cas.

Le Windsor

Silhouette du Windsor, triangle large, sur un col semi-écarté
Le Windsor : 8 mouvements, le triangle le plus large des six, au même cadrage que les autres. · Photo: Silhouette du Windsor, La rédaction de Tenue de Rigueur, Propriété de l’éditeur

Le plus gros des six : 8 mouvements, dont trois par le centre, le grand pan faisant le tour du nœud des deux côtés. Il forme un triangle large, pas tout à fait symétrique selon Fink et Mao, mais équilibré à l’œil. On l’appelle parfois double Windsor, à tort : il n’existe qu’un Windsor.

Il porte le nom du duc de Windsor, qui obtenait pourtant son nœud large avec des cravates épaisses et un nœud simple : le Windsor a probablement été inventé pour imiter ce volume avec une cravate ordinaire. Il demande un écart de départ d’environ 50 cm et un col cutaway ou très ouvert. La page du nœud Windsor et du demi-Windsor en donne les étapes côte à côte.

Quel nœud pour quelle occasion

Occasion Nœud Niveau de difficulté
Bureau, entretien professionnel simple, Pratt facile
Tenue décontractée, cravate en tricot, en laine ou en coton simple facile
Mariage, cérémonie de jour, événement en costume sombre demi-Windsor moyen
Costume habillé sur col cutaway Windsor le plus long à réaliser
Soirée au code « cravate noire » aucun : le nœud papillon remplace la cravate à part

Le type de nœud se choisit d’abord au col, mais l’occasion règle le niveau d’attention : pour un mariage, un nœud bien fait vaut mieux qu’un nœud ambitieux. Un détail compte plus que le style du nœud : la longueur. Le bout du grand pan arrive en haut de la boucle de ceinture, ni plus haut ni plus bas.

Le nœud le plus élégant ?

Aucun nœud n’est plus élégant qu’un autre dans l’absolu : un nœud est réussi quand il remplit le col, qu’il est serré contre le bouton du haut et qu’une petite fossette se creuse juste en dessous. Un Windsor dans un col classique soulève les pointes ; un nœud simple dans un cutaway flotte.

Pour ajuster le nœud, maintenez le petit pan d’une main et faites glisser le nœud vers le haut de l’autre, en tirant doucement : il vient se caler contre le col de la chemise. La fossette se forme en pinçant le grand pan juste sous le nœud pendant ce dernier serrage. Elle demande un peu d’attention, aucune difficulté particulière.

Si vous ne devez en connaître qu’un, prenez le simple. Si vous en apprenez un second pour une cérémonie, prenez le demi-Windsor. Pour accorder la couleur et le motif de la cravate à la chemise et au costume, le dossier chemise et cravate pose la règle des contrastes.