Sommaire
En bref
Un costume s’entretient surtout entre deux ports : un coup de brosse, une nuit à l’air sur un cintre à larges épaules, un jour de repos avant de le remettre. Il se repasse au fer réglé selon l’étiquette, toujours à travers une pattemouille (un linge humide) pour ne pas lustrer la laine, et se défroisse le plus souvent à la vapeur. Le pressing reste l’exception, une ou deux fois par an ou après une tache.
- 1 coup de brosse
- après chaque port
- 24 heures
- de repos entre deux ports
- 1 pattemouille
- entre le fer et la laine
- 2 pressings par an
- au plus, hors tache
Ce qu’il faut
- Un fer à repasser à vapeur et une planche ; une jeannette (petite planche) ou un boudin de repassage pour les manches et les épaules.
- Une pattemouille : un linge de coton fin, sans peluches, que l’on humidifie. Un torchon propre fait l’affaire.
- Une brosse à vêtements à poils naturels.
- Un cintre en bois à larges épaules, de la largeur de la veste, et une housse en tissu respirant.
- Pour défroisser sans fer : un défroisseur à vapeur, ou à défaut une salle de bain où l’eau chaude a coulé.
Lire l’étiquette avant tout
L’étiquette d’entretien porte des symboles normalisés (norme ISO 3758). Trois d’entre eux comptent pour un costume :

| Symbole | Ce qu’il dit |
|---|---|
| Fer avec 1 point | repassage à 110 °C au plus |
| Fer avec 2 points | repassage à 150 °C au plus |
| Fer avec 3 points | repassage à 200 °C au plus |
| Fer barré | ne pas repasser |
| Cercle avec une lettre | nettoyage professionnel (la lettre indique le procédé) |
| Cuve barrée | lavage à l’eau interdit |
Un costume de laine porte presque toujours la cuve barrée et un cercle : il ne va pas en machine. Le lin et certains costumes de coton acceptent un fer plus chaud ; certains costumes dits lavables portent une cuve avec une température. Ce que dit l’étiquette prime sur tout conseil général.
Repasser un costume, pièce par pièce
Réglez la température selon l’étiquette, humidifiez la pattemouille et essorez-la bien. Faites un essai de repassage sur l’envers d’un ourlet ou d’une parementure si vous doutez de la matière. La méthode : on pose, on presse, on soulève ; on ne fait pas glisser la semelle sur le tissu, qui se lustrerait. Presser plutôt que repasser : c’est le vocabulaire des tailleurs, et c’est le bon geste.
- Le pantalon. Retournez les poches pour que leur doublure ne marque pas le tissu. Repassez d’abord le haut, ceinture et poches, sur le bout de la planche. Alignez ensuite les coutures intérieure et extérieure d’une jambe : le pli se forme de lui-même, devant et derrière. Pressez à travers la pattemouille, jambe par jambe, du bas vers le haut.
- Le dos de la veste. Posez-la à plat, dos vers vous, et pressez par zones, sans écraser les fentes.
- Les devants. Pressez chaque devant à travers la pattemouille, en évitant les poches pour ne pas marquer leur forme sur le tissu.
- Les manches. Enfilez-les sur la jeannette ou le boudin, ou pressez-les à plat en évitant de créer un pli sur le dessus.
- Le col et les revers. Ne les aplatissez pas : un revers roule, il ne se plie pas. Une touche de vapeur, à quelques centimètres, suffit à le remettre en place.
Laissez la veste sécher sur son cintre une demi-heure avant de la porter : un tissu encore humide se froisse aussitôt.
Lin, coton et costumes d’été
Le lin et le coton supportent une température plus haute que la laine (souvent 3 points pour le lin, à vérifier sur l’étiquette) et se repassent légèrement humides. Le lin se froisse par nature : un costume de lin aux plis légers est porté comme il doit l’être, et vouloir l’aplanir chaque matin l’use plus vite. La pattemouille reste utile sur les couleurs sombres, que le fer peut lustrer.
Défroisser sans fer
Pour un costume d’homme froissé par un voyage, un mariage ou une journée assise, la vapeur suffit le plus souvent :
- Au défroisseur : veste sur cintre, tête de l’appareil à distance du tissu, passages lents de haut en bas, en tendant le tissu de l’autre main.
- À la salle de bain : suspendez le costume pendant que l’eau chaude coule, porte fermée, puis laissez-le sécher dans une pièce aérée.
La vapeur détend les fibres de laine, et les plis légers disparaissent. Les plis marqués du pantalon, eux, demandent le fer.
En voyage, pliez la veste en retournant une épaule dans l’autre, doublure vers l’extérieur, et suspendez-la dès l’arrivée : la plupart des plis tombent en une nuit sur un cintre. Une veste entoilée se remet en forme plus facilement à la vapeur qu’une veste thermocollée, dont la colle supporte mal la chaleur répétée.
Brosser, aérer, laisser reposer
Après chaque port, brossez la veste et le pantalon de haut en bas, dans le sens du tissu, pour retirer poussière et peluches avant qu’elles ne s’incrustent. Suspendez ensuite le costume hors de la penderie, quelques heures, pour qu’il perde l’humidité et les odeurs de la journée.
Laissez-lui ensuite un jour de repos : la laine reprend sa forme pendant ce temps. Deux costumes portés en alternance durent plus longtemps qu’un seul porté tous les jours.
Nettoyer : taches, pressing, machine
- Une tache se traite tout de suite, à froid : tamponnez avec un linge propre et un peu d’eau claire, sans frotter. Pour une tache grasse ou un doute, le pressing.
- Le pressing (nettoyage à sec) est agressif pour les fibres naturelles, délicates par nature : limitez-le à une ou deux fois par an, et envoyez toujours veste et pantalon ensemble, pour qu’ils gardent la même teinte.
- La machine est exclue pour un costume de laine structuré : l’eau et le mouvement déforment la toile intérieure et l’épaule. Seuls les costumes dont l’étiquette l’autorise passent à l’eau.
Les traces de transpiration au col et aux aisselles de la chemise se traitent sur la chemise, pas sur la veste : le col jauni est un sujet d’entretien de chemise.
Ranger
Rangez le costume sur un cintre en bois dont les épaules remplissent celles de la veste : un cintre fin en fil de fer creuse l’épaule et marque le tissu. Le pantalon se suspend par l’ourlet dans un cintre à pinces, ou plié sur la barre : c’est la condition pour garder le pli juste. Une housse en tissu respirant protège de la poussière ; une housse en plastique garde l’humidité.
Entre deux saisons, rangez un costume propre : les mites attaquent d’abord les fibres tachées. Laissez de l’espace dans la penderie pour que les vestes ne s’écrasent pas.
Le tableau des gestes
| Geste | Fréquence | Pourquoi |
|---|---|---|
| Brosser | après chaque port | retirer poussière et peluches |
| Aérer et reposer | après chaque port, 24 heures | laisser la laine reprendre sa forme |
| Défroisser à la vapeur | selon les plis | détendre les fibres sans fer |
| Repasser à la pattemouille | quand la vapeur ne suffit plus | refaire le pli du pantalon, aplanir |
| Pressing | une à deux fois par an, ou après une tache | nettoyer en profondeur |
| Vérifier boutons et ourlets | à chaque saison | prévenir la retouche |
Un bouton qui tient à un fil, un ourlet qui se défait ou une doublure déchirée se réparent vite s’ils sont repris tôt : la qualité d’un costume se juge aussi à la façon dont il vieillit. Ce qui relève d’une vraie retouche, longueur des manches, cintrage, taille du pantalon, est détaillé dans notre page sur la retouche de costume. Et si le costume est encore à acheter, l’entretien se prépare dès le choix du tissu, à l’étape du drap de notre guide pour choisir un costume : une flanelle ou un fresco ne demandent pas les mêmes soins.
